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Petite trêve sur mes tranches de vie québécoises pour vous parler aujourd’hui de mon papy de France. Il a 79 ans et s’appelle Gabriel (d’où mon prénom composé). Depuis plusieurs années il se bat avec une maladie qui depuis quelques jours a réduit son univers aux dimensions de son lit. Mon papy peint et dessine depuis sa plus tendre enfance et il a réalisé des dizaines et des dizaines de toiles, abordant tantôt un style, tantôt un autre, toujours à la peinture à l’huile. S’inspirant de photos, de cartes postales ou d’œuvres de grands maîtres, il a toujours excellé dans l’art de la reproduction sans pour autant tomber dans le piège de la copie. Portraits, paysages, natures mortes illuminent les murs de sa demeure dont un magnifique bouquet de coquelicots - son chef-d’œuvre - et une superbe reproduction de La Liseuse de Fragonard qui inonde de calme et de sérénité la chambre qui fut celle de mon papa. Souvent on lui proposa de lui acheter ses toiles mais il refusa toujours, prétextant qu’on ne fait pas commerce du fruit d’un loisir. Alors, il les offrait !

Il a réalisé ces deux huiles (38x55cm) l’année dernière pour les offrir à ma maman. Elles témoignent de sa grande fatigue… la main manque d’assurance, le trait de précision, les couleurs de lumière. Il y a beaucoup d’amour mais le cœur n’y est plus vraiment. Il n’a même pas eu la force de terminer le visage de la danseuse de « La Dernière Valse ». Certainement pas les plus abouties de son œuvre, ces petites toiles sont pour moi les plus belles, car probablement les dernières. Papy je t’aime!.

publié par Alexandre-Gabriel